Iakoutie 2015

Itinéraire

Deux ans après mon premier voyage dont le récit a fait l’objet du livre Magadan, j’ai voulu retourner explorer des contrées lointaines de Sibérie orientale. Je n’avais que cinq semaines pour cette expédition – un temps bien court pour des étendues aussi vastes. J’ai donc envoyé ma moto par camion à Oulan-Bator afin de m’épargner la longue route pour arriver dans la région du Baïkal.

Le projet était de rejoindre le nord du Baïkal, de descendre la rivière Léna sur une barge jusqu’à Lensk. Une fois à terre, je voulais explorer la piste de Viliousk. Elle s’étire entre Mirny et Iakoutsk et passe au coeur de la Iakoutie. En moto, cette piste n’a été empruntée que par de rares étrangers. Vraisemblablement, moins d’une dizaine d’occidentaux se sont aventurés dans ces contrées ces dernières années. 

A la fin du trajet, mon compteur affichait 10’000km parcourus.

Moto

Husky est un Husqvarna TE630 de 2011. Après mes problèmes mécaniques sur la BMW 650 GS Dakar sur la piste, j’ai appris ma leçon. J’ai cherché une moto plus légère et plus maniable dans les terrains difficiles. J’ai opté pour le choix un peu plus exotique du 630 plutôt qu’un KTM 690 Enduro. Le 630 est une moto méconnue, à peine importée en Europe, mais parfaitement adaptée à ce type d’exercice.

Je l’ai largement modifiée pour « l’aventuriser ». Il m’a fallu un long travail pour la rendre apte au voyage au long cours. Avec sa préparation, je suis très convaincu que c’est maintenant une des meilleures motos d’aventures.

Rencontres

Une meute de bikers mongols et bouriates m’invite à se joindre à leur groupe. Mais j’ai de la route à faire, je dois passer mon chemin.

Pause à un monument bouddhiste en Bouriatie. 

  Je retrouve le lac Baïkal, deux ans après mon premier passage. J’y vis presque le même coucher de soleil.

A Mirny se trouve le plus gros cratère minier du monde. Même s’il y a un effet de perspective, la tailles des bâtiments de plusieurs étages, en arrière-plan, donne une idée de la dimension.

Predator sévit sur les routes autour de Mirny.

Une sculpture de Mama Yakutia dans le tronc d’un arbre.

Dans un village reculé, les babouchkis Evenk me reçoivent  en grande pompe.

 

Une jeune sibérienne me montre ses objets traditionnels iakoutes et évenk.

J’apprends à troquer une peau de renard.

Vaisselle en bois de bouleau, typiquement iakoute.

Pots à baies, en écorce de bouleau.

Le long de la piste de Viliousk, il faut traverser 5 rivières avec de petits ferries.

Maitre Fedor est un des artisans les plus reconnus pour la sculpture et la confection d’objets traditionnels iakoutes.

Maitre Fedor sculpte le manche d’un fouet à moustique.

  On me reçoit avec égards. Toute la famille a revêtu son habit traditionnel.

J’ai établi mon campement un peu en surplomb du lac Khovsgol pour une soirée somptueuse.

Monument mongol dressé au milieu de la steppe.

Un plat de Buuz (prononcez « bouse »). Il ne faut pas se fier au nom, c’est délicieux.

Epreuves

Pneu crevé sur la piste de Viliousk. J’ai mal lu la pression sur mon compresseur et mes pneus sont sous-gonflés. La valve a été arrachée.

 

Campement dans la taïga. Les moustiques attaquent par nuées entières.  Le soir, je mets la nourriture à 50 mètres de la tente au cas où des ours traineraient dans les parages.

Même lorsque la piste parait facile, il faut rester vigilant.

Les pistes défoncées ont eu raison de mon tableau de bord. Une réparation de fortune est faite à partir d’une boite de munitions. Signé « Igor ».

Je suis interviewé par la radio de Mirny – en russe, une vraie épreuve!

 

La route est un peu grasse…

Je descends la rivière Lena pendant trois jours sur une barge: il n’y a pas d’autres moyen d’atteindre Lensk depuis ce côté-là.

Contrairement aux autres passagers, je n’ai pas de voiture ou de camion pour dormir. Je dresse ma tente sur le pont.

A la frontière russo-mongole, le père de mon amie Anya répare tous les bobos du 630. Ici, il soude une patte d’arrêt pour la béquille.